Le GEX expliqué aux traders de futures NQ et ES
Gamma, couverture des teneurs de marché, zero gamma, call et put walls, 0DTE : l'effet des options sur NQ et ES, et comment voir si un niveau tient.

Le GEX, ou gamma exposure, est une estimation de ce que les teneurs de marché sur options devront acheter ou vendre sur le sous-jacent à mesure que le prix bouge. Quand ils sont longs gamma, leur couverture va contre le mouvement : ils achètent les baisses et vendent les hausses, et le NQ comme l'ES ont tendance à faire du range et à coller à certains prix. Quand ils sont courts gamma, ils se couvrent dans le sens du mouvement, et les tendances comme la volatilité s'étendent. Pour un trader de futures, le GEX donne une carte de zones avant l'ouverture ; l'order flow dit, en temps réel, si chaque zone tient.
Ce que mesure l'exposition gamma
L'exposition gamma mesure la vitesse à laquelle les besoins de couverture des teneurs de marché changent quand l'indice bouge. Partons du delta : c'est la variation de valeur d'une option pour un point de mouvement du sous-jacent. Le gamma, c'est la variation de ce delta pour ce même point. Il est maximal pour les options proches du prix actuel et proches de l'échéance.
Un teneur de marché qui vous vend un call ne veut pas parier sur la direction. Il couvre le delta, souvent en achetant le sous-jacent ou son future. Quand le prix bouge, le delta de l'option change (c'est le gamma), et la couverture doit être ajustée. Le GEX additionne cela sur tous les strikes et toutes les échéances : open interest fois gamma fois multiplicateur du contrat, rapporté au niveau de l'indice, avec une hypothèse sur le côté que détient le teneur de marché. Le résultat s'exprime en général en dollars de couverture pour 1 % de mouvement de l'indice.
Pas besoin de la formule pour s'en servir. Il vous faut deux choses : le signe (les teneurs de marché sont-ils longs ou courts gamma ici ?) et l'emplacement des grosses concentrations.
Pourquoi les options sur SPX et QQQ font bouger l'ES et le NQ
Options et futures sur indice servent à se couvrir mutuellement : les flux de l'un se retrouvent dans l'autre. Les plus gros marchés d'options au monde portent sur le S&P 500 (SPX, SPY) et le Nasdaq-100 (NDX, QQQ). Les teneurs de marché qui portent ces livres se couvrent avec ce qui est le moins cher et le plus liquide, et le future E-mini est en haut de la liste : il cote presque en continu, avec de la profondeur et un coût faible.
Quand les teneurs de marché SPX doivent vendre, disons, 2 milliards de dollars de delta dans une baisse, une partie de cette vente atterrit sur l'ES. La couverture NDX et QQQ arrive sur le NQ de la même façon. C'est pour cela qu'un niveau calculé sur un indice que vous ne tradez jamais peut compter sur votre graphique de futures.
Gamma positif et gamma négatif
Le signe du gamma des teneurs de marché décide si leur couverture amortit le prix ou le pousse. En gamma positif, une hausse augmente leur delta, donc ils vendent pour revenir neutres ; une baisse le réduit, donc ils achètent. Leur flux va contre le mouvement. En gamma négatif, c'est l'inverse : ils vendent dans la faiblesse et achètent dans la force, ce qui ajoute du carburant.
| Régime | Couverture des teneurs de marché | Comportement typique du prix | Comment trader le footprint |
|---|---|---|---|
| Gamma positif | Achètent les baisses, vendent les hausses | Retour à la moyenne, ranges plus serrés, prix aimanté par les gros strikes | Jouer les bords du range quand vous voyez de l'absorption ; prendre ses gains tôt ; se méfier des cassures sans suite |
| Gamma négatif | Vendent la faiblesse, achètent la force | Journées de tendance, ranges plus larges, extensions brutales, volatilité en hausse | Trader avec l'initiative : déséquilibres empilés et delta qui confirme ; ne pas rattraper les couteaux ; taille réduite, stops plus larges |
| Près du flip | Faible ou mixte | Du bruit, puis une cassure quand un camp prend la main | Attendre ; laisser le footprint dire quel régime l'emporte |
Rien de tout cela n'est une loi physique. La couverture des teneurs de marché est un flux parmi d'autres, et une grosse annonce ou un rééquilibrage de fonds peut l'écraser. Le régime dit quel comportement est le plus probable, pas ce qui va se passer.
Le zero gamma, le call wall et le put wall
Le niveau zero gamma, aussi appelé gamma flip, est le prix auquel le gamma estimé des teneurs de marché change de signe. On le trouve en recalculant le gamma total sur une série de prix hypothétiques, puis en regardant où la courbe croise zéro. Au-dessus, le marché est en général en gamma positif ; en dessous, en gamma négatif.
Le call wall est le strike qui porte le plus de gamma call. Si l'on suppose les teneurs de marché longs de ces calls, leur couverture s'alourdit à l'approche, et il sert souvent de résistance. Le put wall est le strike qui porte le plus de gamma put. Il sert souvent de support, jusqu'à ce que le prix le casse : les teneurs de marché courts de ces puts vendent alors dans la baisse, et le mouvement peut accélérer.
Chaque fournisseur calcule ces niveaux avec ses propres données, échéances et hypothèses. Deux services peuvent afficher un zero gamma à 30 points d'écart le même jour. Ce n'est pas un bug : c'est un rappel de ce qu'est ce chiffre.
Les options 0DTE et les niveaux intraday
Les options qui expirent le jour même, dites 0DTE, portent un gamma très élevé près du prix actuel et représentent désormais une grosse part du volume sur SPX. SPX, SPY et QQQ ont des échéances chaque jour de la semaine. Ce gamma se concentre sur quelques strikes autour du prix et grossit à l'approche de la clôture : c'est pour cela que les niveaux 0DTE peuvent aimanter le prix en fin de séance, ou rendre la dernière heure inhabituellement rapide.
Il y a un piège. L'open interest n'est publié qu'une fois par jour, et beaucoup de positions 0DTE sont ouvertes et fermées dans la séance : un modèle construit sur le seul open interest les rate. Certains outils ajoutent le volume intraday pour compenser. Dans tous les cas, les niveaux du matin sont un point de départ : l'après-midi, la carte 0DTE a pu bouger.
Convertir les niveaux d'indice en prix du future
Un niveau gamma ne sert qu'une fois reporté sur le future que vous tradez. L'ES ne cote pas au prix du SPX, et le NQ pas au prix du NDX : l'écart est la base, pour l'essentiel le coût de financement moins les dividendes jusqu'à l'échéance du contrat. Elle est en général positive, se rapproche de zéro à l'approche de l'échéance, et saute quand vous passez au contrat suivant.
La méthode : base = future moins indice, mesurés au même instant, puis on l'ajoute à chaque niveau. Les niveaux SPY et QQQ doivent d'abord être ramenés à l'indice : le SPY cote près d'un dixième du SPX, le QQQ à une fraction plus petite du NDX, et ces deux ratios dérivent. Utilisez le ratio du moment, pas un ratio de mémoire.
Un exemple chiffré
Prenons un matin hypothétique. Le SPX est à 6 000 et l'ES à 6 032 : la base est de 32 points.
| Niveau SPX | Indice | Équivalent ES |
|---|---|---|
| Call wall | 6 050 | 6 082 |
| Zero gamma | 5 975 | 6 007 |
| Put wall | 5 950 | 5 982 |
L'ES ouvre à 6 030, au-dessus du flip : gamma positif, donc le call wall à 6 082 est un niveau où jouer le retournement, pas un objectif de cassure. Vous le traitez comme une zone de 6 079 à 6 085. Un short à 6 080 avec un stop à 6 088 risque 8 points : 400 $ sur un ES (8 × 50 $), 40 $ sur un MES.
Prenons maintenant un compte de 50K avec un drawdown de 2 000 dollars, en risquant au plus 10 % du drawdown par trade : 200 dollars. Cela fait 5 MES à 8 points (5 × 8 × 5 $), pas un ES. Le calculateur de taille de position fait ce calcul pour n'importe quel stop et instrument.
Là où le gamma rencontre le footprint
Un niveau gamma vous dit où quelque chose peut se passer ; le footprint et la heatmap vous disent si cela se passe. Marquez les zones avant l'ouverture, puis regardez ce que fait l'order flow quand le prix en atteint une.
Sur un call wall en gamma positif, vous voulez voir des acheteurs lever l'offre avec de moins en moins de progrès : beaucoup de volume à l'ask, un prix qui cale, un delta qui ne confirme plus. C'est de l'absorption, et la différence avec un mouvement qui manque simplement d'acheteurs est expliquée dans absorption ou épuisement. Sur la heatmap de liquidité, des ordres de vente qui s'accumulent dans la zone donnent du poids au short. Si au contraire les offres sont retirées et que des déséquilibres empilés passent au travers, le mur a cédé, et dans un marché qui glisse vers le gamma négatif, c'est le signal d'arrêter de jouer les retournements.
Si les cases du footprint sont encore nouvelles pour vous, commencez par lire un footprint. Ne prenez jamais le niveau seul : pas de confirmation par le flux, pas de trade.
DeepGammaOFF intègre ces niveaux dans DeepChartsOFF, sur le même graphique que le footprint. La GEX Heatmap montre où le gamma se concentre sur l'échelle des prix, et les Gamma Bands tracent les niveaux gamma sous forme de bandes sur le prix. Pour le SPX, le calcul part des données Cboe qui identifient les positions des teneurs de marché ; pour les produits Nasdaq, il est estimé à partir des données OPRA : les niveaux NQ sont donc les plus approximatifs des deux. Chaque outil et chaque offre sont détaillés sur notre page plateforme.
Les niveaux gamma ne rendent pas rentable une approche perdante : ils disent où regarder, et c'est toujours le tape qui a le dernier mot.
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